mardi 18 juillet 2017 Article: La Dépêche de Tahiti

La marina de Papeete s’anime depuis quelques semaines. Sur les pontons, on échange des histoires, entre jeunes partis à l’aventure, couples en tour du monde ou familles en longue escale à Tahiti. Heiva, vacances, météo… Le mois de juillet est favorable à la venue de visiteurs du monde entier.

Le linge propre se balance sur les bastingages, les vélos s’impatientent sur le ponton, tandis que les balais frottent vigoureusement les ponts…

La marina de Papeete bouillonne, ces jours-ci, au rythme des bateaux de plaisance.

“C’est le mois où on est le plus full, explique un agent du port. Ce sont les grandes vacances, beaucoup de gens viennent pour les fêtes, les danses, et puis, c’est la période où les conditions météo sont les meilleures pour les voileux.”

Outre les marins de Tahiti qui en profitent pour hisser les voiles, des monocoques et quelques gros catamarans arrivent de Bretagne, de Méditerranée, des îles grecques, d’Australie, d’Israël, du Canada, des États-Unis ou d’Afrique du Sud. Juste pour les vacances ou faire une escale plus longue, au milieu d’un tour du monde.

“Sur 82 places, il ne nous en reste que quatre ou cinq qui tournent. En ce moment, ça n’arrête pas, sourit donc l’accueil des plaisanciers. Il faut dire qu’on a la marina la mieux placée par rapport à la ville, et en plus, c’est la plus belle (rires, NDLR) !”

Les équipages ne démentent pas. La marina de Papeete n’est pas bon marché, mais ses tarifs resteraient raisonnables par rapport à d’autres escales.

Après le calme des Tuamotu et des Marquises, Françoise et Pierre apprécient également la vie du centre-ville.

Une escale d’un an à Papeete

Jessica, elle, aurait bien aimé une connexion Wi-Fi, mais se réjouit de la propreté et de l’esprit “familial” sur le ponton.

À quelques mètres de là, le beau catamaran Maui, de Christelle et Patrick, est en pleine effervescence. Des amis de l’Hexagone viennent de les rejoindre pour trois semaines de vacances. Deux garçons dominent le port, assis sur la bôme et le capot, accrochés aux haubans. Deux autres reviennent des courses avec un chariot jaune. C’est l’heure du ravitaillement avant le départ pour les îles Sous-le-Vent et Moorea.

“On est parti de Canet-en-Roussillon, il y a deux ans”, raconte Alice, l’aînée de Patrick et Christelle, âgée de 15 ans. Après une année de cours par correspondance à travers la Méditerranée, l’Atlantique et la mer des Caraïbes, les pare-battages ont été sortis pour un amarrage de dix mois à Hiva Oa, où elle a pu passer le diplôme national du brevet.

“Jusqu’à maintenant, on vit sur le cata. Le plus souvent, on mange à bord et parfois on fait des repas entre bateaux, chacun amène des petites choses…”, raconte-t-elle, en confirmant l’existence d’échanges amicaux entre plaisanciers.

La famille s’apprête toutefois à faire une entorse à son tour du monde à la voile, qu’elle raconte sur son blog (mauicata.blogspot.fr). Cette année, Christelle et Patrick, infirmière et informaticien, mettront du beurre dans les épinards en reprenant le travail.

Alice et ses frères Gauthier et Maxence, âgés de 12 et 10 ans, emménageront donc dans une maison et feront leur rentrée à Papeete.

Leur bateau sera, lui, mis en location entre Tahiti, les Tuamotu et sans doute Tahuata, lors du Festival des Marquises en décembre.

Entre deux voyages, la marina de Papeete restera son port d’attache. Jusqu’à ce qu’en juillet prochain, peut-être, la famille se remette, comme tant d’autres, en mouvement.

 

Marie Guitton